L’auteur nous plonge dans un univers très déprimant : le narrateur est un jeune homme qui vit près d’un aéroport et d’une décharge et qui travaille dans un abattoir ; il nous raconte son quotidien et ne nous épargne pas des détails les plus scabreux …
Il me semble que le ton est un peu caricatural, exagéré, du moins c’est ce que j’ose espérer, en tout cas, c’est écrit d’une très belle façon, avec un style poétique ; certaines scènes sont absurdes ou cocasses, c’est original, c'est un régal.
Je vous offre un passage, pas forcément le meilleur, mais juste pour vous donner le ton (âmes sensibles, s’abstenir !) :
« La routine, ici, c’est les cris qu’on noie dans les rivières de sang, les secousses et les tremblements, les yeux révulsés, les langues qui pendent, les avalanches de boyaux, les têtes qui roulent, les vaches qu’on épluche comme des bananes, les cochons livides, plus que la moitié d’eux-mêmes dans le sens de la longueur, et tous ces bestiaux accrochés par les pattes, qui défilent et qui rétrécissent, et nous, du sang plein la figure, de la sueur plein les bottes, on s’active, on s’agite, on cire, parfois plus fort que les bêtes encore, on s’engueule ou on fait semblant, on chante à tue-tête des airs d’opéra pour les carcasses, des chansons paillardes pour les cochons, pas le temps de souffler, faut tenir la cadence, le nez dans les viscères et les glandes, les mains qui farfouillent et les lames qui tranchent. »
ET VOUS, QUEL EST VOTRE AVIS SUR CE BOUQUIN ?
Prix du Livre Inter 2005 : c’est ce qui a attiré mon attention lorsque j’ai découvert ce livre à la fnac, alors je me suis laissée tenter car à vrai dire, je n’avais jamais entendu parler de Joël Egloff. Et finalement c’est un bon petit moment de lecture que je me suis offert ; j’insiste sur « un petit moment», car le livre est très court et c’est tellement dommage !
Ben Bradford, avocat à Wall Street, marié et père de deux petits garçons, semble avoir tout pour être heureux dans la vie ; en réalité, il s'ennuie et ne trouve du réconfort que dans la photographie, domaine dans lequel il n'a pas réussi à percer professionnellement.
... jusqu'au jour où il découvre que sa femme a un amant, Gary Summers, un photographe professionnel, certes, mais un photographe raté. Ben décide alors de l'affronter chez lui. Il le tue, sans l'avoir prémédité pour autant.
Pourtant, il fait le choix de ne pas se dénoncer et de s'enfuir en reprenant l'identité de sa victime. Une nouvelle vie s'offre à lui, comme une nouvelle chance. Ironie du sort ... il devient un photographe reconnu et médiatisé, au risque de se faire démasquer.
Mon avis : c'est assez déconcertant de suivre les péripéties de cet assassin en cavale. Les actes qu'il a commis avec tant de froideur (ex : découpage de sa victime à la tronçonneuse !) sont inacceptables, et pourtant on se laisse transporter dans cette histoire, jusqu'à ressentir des frissons lorsque le personnage est à deux doigts de se faire prendre ! Jusqu'à devenir complice de ses mensonges et atrocités !
ET VOUS, QUEL EST VOTRE AVIS SUR CE BOUQUIN ?
Je dois l'avouer, la couverture que vous pouvez apercevoir sur la gauche m'a fortement interpelé et aidé à choisir ma lecture !! Pourtant, cette représentation photographique ne me semble pas vraiment illustrer le sujet abordé dans ce bouquin (?!).
Ce roman nous fait partager l'évolution des relations entre deux soeurs que les caractères opposent ; peut-être n'ont-elles pas survécu de la même façon au drame familial qui a bouleversé leur enfance :
Rose, l'ainée, avocate, a toujours été la plus studieuse, la plus sérieuse, la plus responsable, mais la plus boulotte aussi ... elle rêve au prince charmant et ne sait comment gérer sa jeune soeur.
Maggie, elle, est une opportuniste, elle a un corps de rêve, elle a envie de devenir une star de la télé, pourtant elle ne se donne pas les moyens de réussir car il est plus facile pour elle de se faire assister et de profiter des autres, et surtout de sa soeur si possible.
C'est un livre très léger, qui se lit très rapidement. Ce n'est pas le livre de l'année, de plus, je me serais bien passée de 200 dernières pages, mais cette lecture m'a toutefois été agréable, d'ailleurs c'était exactement le type de lecture qu'il me fallait en cette période.
ET VOUS, QUEL EST VOTRE AVIS SUR CE BOUQUIN ?