SUJIT SARAF - Le Trône du paon

Publié le par Maxi

Ce roman nous plonge au cœur de Delhi, dans Chandni Chowk un des plus grands marchés de la ville, où nous faisons la connaissance d’une multitude de personnages de cultures et d’origines différentes ; ceux qui m’ont le plus marqué sont Gauhar un gamin des rues (bangladeshi), Gopal le vendeur de thé (hindou brahmane), Sohan Lal commerçant (hindou membre du PPI - Parti du Peuple Indien), Suleman (politique musulman, adversaire du PPI), Chitra une jeune femme moderne devenue journaliste … il y en a beaucoup d’autres.

L’histoire, qui s’inspire de faits réels, démarre en 1984 au moment de l’assassinat du Premier Ministre, Indira Gandhi. Au cours de ses dernières années de règne, alors que les relations entre hindous et sickhs étaient délicates, Indira a ordonné le massacre de milliers de sikhs. Ce qui lui valu son assassinat. A l’annonce de sa mort, le peuple est partagé.

 

Tout au long de cette lecture, je me suis imprégnée de cette ambiance tendue et j’ai découvert la vie dans le bazar de Delhi au travers des différents personnages ; la pauvreté qui côtoie la richesse, la lutte pour le pouvoir, la manipulation exercée par les politiques sur les plus vulnérables, autant de méfaits particulièrement mis en exergue par l’auteur.

 

Composé de 796 pages, ce livre est un trésor d’informations sur l’Inde et une partie de son histoire ; c’est aussi un roman avec des personnages attachants et des paysages qu’on imagine tout en couleur ; les descriptions sont si présentes qu’on croirait sentir les odeurs du bazar !

J’ai trouvé ce livre très intéressant quoi qu’un peu difficile à lire quand comme moi, on ne connaît rien de l’Inde et de sa politique (heureusement, il y a un lexique pour les nombreux termes indiens). Quant à l’auteur, Sujit Saraf, c’est un homme qui m’épate : écrivain, chercheur à la NASA, directeur artistique d’une compagnie de théâtre … décidément, il a plus d’une corde à son arc !

 

Un extrait du roman ; la scène se déroule à l’occasion d’une manifestation organisée par des musulmans pour sauver une mosquée vieille de quatre siècles : « Chitra ordonne à son cameraman de filmer la guerre des cacahouètes. Elle déteste devoir se repaître d’un scandale en guise de reportage sur un moment historique crucial. Mais que voit-elle ? Un jeune homme, avec un calot blanc et or, se tient devant le mémorial, il le touche ! Ce qui est strictement interdit. De son unique main … Gauhar ! Si la police le repère, il risque de se faire arrêter. N’est-ce pas poignant ? La rencontre entre un garçon du Bangladesh et le Père de la Nation ? Mais que fait-il ? Il ouvre sa braguette, il urine sur le mémorial ! « Arrêtez cet homme ! » hurle-t-elle.

 

Gauhar pisse, tranquillement. Il pisse heureux, soulagé. Que ce Mahatma aille se faire foutre, lui et son herbe. Il regarde le merveilleux jet jaune frapper les lettres d’acier et couler le long de la paroi de la pierre douce, et former une mare en bas ! »

 

Quelques photos et un commentaire illustrant Chandni Chowk.

 

Merci à Ulike pour cette belle lecture.

 

J'ai décidé  de m'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des sites de la rentrée littéraire !  Vous retrouverez donc aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération. Pour en savoir plus c'est ici.

 

ET VOUS, QUEL EST VOTRE AVIS SUR CE BOUQUIN ?


Publié dans J'ai bien aimé

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Balladine 28/08/2009 11:07

Je note ce livre qui parait très intéressant, car je suis allée en Inde il y a trois ans et je rêve d'y retourner, c'est un pays fascinant.Amicalement,

Maxi 29/08/2009 14:40


Si tu connais l'Inde (je t'envie), j'imagine que la lecture de ce bouquin te rappellera bien de belles choses !


Naina 26/08/2009 23:19

Je dois normalement l'acheter dans les jours qui viennent. Je devrai ensuite trouver le temps de lire toutes ces pages !

Maxi 29/08/2009 14:42


Oui, en effet, il faut avoir du temps pour lire un tel roman ; à part le Bûcher des vanités de Tom Wolf, je ne me
souviens pas en avoir lu d'aussi épais !